LÉGENDES
LES ANECDOTES
1. Un thème bien nouveau: «Vous avez dit bizarre?»
Non, non, je n’ai pas fait un remake du célèbre film «Drôle de drame» avec Louis Jouvet! Toutefois, voilà, personnellement, j’ai toujours été fascinée par les événements étranges. Malgré tout, jusqu’en 2000, je n’avais jamais abordé ce thème si vaste dans l’un de mes romans. Je préférais alors écrire une fiction imaginaire, certes en un sens, mais dont l’histoire pouvait justement se dérouler de A à Z. Cette rédaction était fascinante parce qu’il fallait trouver mille idées, construire un scénario tout à fait plausible, ce qui rend le travail encore plus compliqué, à mon avis.
Et puis, en 2000, j’ai pensé de nouveau au Miroir de la Vie dont la préparation n’était pas encore achevée. Une intrigue plus que secondaire, était incluse. Pourtant, plus le temps passait, et plus je songeais que cette idée n’apportait rien et alourdissait plutôt l’histoire principale de mon livre. J’ai fini par prendre la décision de la supprimer de manière irrévocable. Un peu plus tard, je me suis aperçue que la disparition de ce sujet m’ennuyait. Alors, j’ai réfléchi longuement. Et, après maintes pensées étudiées de façon approfondie et dans tous les sens, une nouvelle idée de roman, basée sur cette première intrigue, m’est apparue... Progressivement, le puzzle s’est construit. Au bout de quelque temps, je tenais là mon livre. J’avais donc en mains presque toutes les idées qui me permettraient bientôt de rédiger mon manuscrit. Mais je m’étais fait aussi un plaisir tout en m’imposant un certain défi... Pour la première fois, j’allais aborder le thème du fantastique, et plus exactement, le surnaturel...
En effet, sans tout dévoiler dès maintenant (ce ne serait pas amusant, n’est-ce pas?, je peux vous révéler un événement de haute importance qui se déroule dans Légendes: Alex, mon héroïne, va rencontrer des personnes -ce qui est normal- au début de son aventure; seulement, ces gens vivent à une autre époque que la sienne- ceci est beaucoup moins normal, non????:):):)
Dans mes autres oeuvres, mes héros avaient toujours vécu à mon époque et y demeuraient. Ainsi, la vérification historique n’avait pas lieu d’être et je m’enlevais par-là une difficulté. Pour ce roman, cette fois, j’allais devoir entreprendre des investigations pour être sûre de l’authenticité des éléments mentionnés, ce qui n’est pas une mince affaire, je dirais... Cependant, ces rencontres entre des personnages si différents allaient me donner l’opportunité de certaines situations et de dialogues plus... innovateurs, et, en un sens, plutôt savoureux!:):):)
Grâce à Légendes, j’ai donc connu une nouvelle expérience et... j’ai vraiment aimé!:):):)
2. Une atmosphère: «Un sentiment étrange?»
Récemment, j’écoutais pour la énième fois une chanson de Michel Sardou quand, soudain, les paroles m’ont fait penser à Légendes. Certaines strophes relataient très exactement ce que j’avais ressenti lorsque je décrivais d’abord, puis évoquais le Domaine plus tard dans mon livre. Cet abandon, cette impression permanente de mort au dessous de soi alors, qu’en même temps, une parcelle de vie semble subsister. Oui, c’était réellement ces sensations étranges que j’avais moi-même éprouvées... qu’a éprouvées Alex au cours de son aventure. Bien sûr, toute la chanson ne correspond pas mais, sans problème, ce parallèle peut être fait. Le plus étonnant que je connais cette chanson depuis une vingtaine d’années. Et c’est seulement ces jours-ci que j’ai été frappée par cette analogie.
Le titre est «La maison en enfer». Elle est interprétée par Michel Sardou. Les paroles sont signées par Pierre Billon, Pierre Delanoë; la musique, Jacques Revaux. Voici cette oeuvre:
Je me demande comment les murs
Tiennent encore debout
Après tant de coups de coups durs,
De coups de vent, de flots, de boue.
Je me demande comment le toit
Ne s’est pas arraché,
Comment les escaliers de bois
Ne se sont pas effondrés.
On mène une vie qui ressemble à la mort
Dans la maison en enfer.
Quand on s’est blessés, on se déchire encore,
Dans la maison en enfer.
Je me demande comment les arbres
N’ont pas été déracinés
Et comment les statues de marbre
N’ont pas rougi de nos soirées.
Qui peut me dire comment un homme
A fait autant pleurer ?
Qui peut me dire pourquoi personne
N’a essayé de me sauver ?
On mène une vie qui ressemble à la mort
Dans la maison en enfer.
Quand on s’est blessés, on se déchire encore
Dans la maison en enfer.
Je me croyais un roi maudit,
Un prince découronné.
Toi princesse d’hégémonie,
Nous étions seulement des damnés.
Je me demande comment l’amour
A résisté à tout,
Après tant d’appels au secours
Lancés dans le désert des fous.
Il faut croire que l’on peut vivre encore
Dans la maison en enfer
Et que l’amour est plus fort que la mort,
La paix plus forte que la guerre.
Dans la maison en enfer...
3. Quand la fiction rejoint la réalité (deuxième épisode)
Dans Légendes, j'effectuais une expérience nouvelle: la fiction (mon intrigue) se greffait à des événements réels (l’histoire de France, domaine qui m’a toujours fasciné). Deux facettes surgissaient. La première, sérieuse, était celle qui concernait la documentation même. J’ai dû parfois enquêter longtemps pour trouver la vérité sur un détail, sur les vêtements par exemple. La deuxième facette fut beaucoup plus plaisante et amusante. J’ai intégré des personnages historiques à mon scénario puisque certains de mes personnages les ont rencontrés... en personne! Un «petit» détournement à ma façon dont j’ai usé à deux reprises.
4. Naissance d'un roman
Comment avez-vous eu l'idée d'écrire ce livre? Telle est la question qui m'est souvent posée dans les salons. Vous avez eu quelques éléments de réponse ici et sur le Forum. Voici un récapitulatif:
a) Avant tout, un romancier est comme une éponge. Il absorbe... J'absorbe ce que je vois, lis, entends. Peu importe les situations, y compris sur les plans géographiques, temporels. Il peut s'agir même d'une scène banale vue dans le métro, dans la rue, un magasin. Une personne peut attirer votre regard par son comportement, sa tristesse. Vous cherchez alors des raisons... Et de là, tout peut arriver... Votre imagination commence son propre travail. Parfois, j'oublie. Parfois, un mot, une situation vont vous rappeler un fait. A ces ingrédients, ajoutez vos propres goûts, votre expérience, vos connaissances. Saupoudrez le tout de deux termes: travail et apprendre.
b) L'histoire de trésor qui aurait dû apparaître dans Le Miroir de la Vie. Depuis toujours, j'aime les sujets relatifs aux trésors enfouis, perdus (le trésor des Templiers, le mystère de Rennes-le-Château, Gisors, les galions gisant au fond des mers). Si nous les cherchons, où ont-ils été cachés? La demeure existe-t-elle toujours? Qu'en est-il de ces souterrains creusés sous le château? Cette crypte? Ou l'arbre étrange n'a-t-il pas été coupé? Ces bijoux ou pièces n'ont-ils pas été dénichés par un tiers qui s'est gardé de révéler sa découverte? Si nous trouvons un trésor: dans quelles circonstances l'a-t-on enfoui? Qui l'a fait? Pour se protéger de qui, de quoi? Cette personne est-elle revenue sur les lieux ou est-elle décédée dans cette terre lointaine où elle pensait trouver refuge? Que sont devenus ses descendants? Pourquoi n'ont-ils rien cherché? Ou...
Une histoire de trésor enfoui qui susciterait bien des convoitises
c) Une demeure abandonnée, murée, où une tragédie s'est jadis déroulée. Au Havre (Seine-Maritime, France), il existait dans les années 80 une grande maison construite probablement au 19e siècle. Son architecture était très différente de ses voisines, d'où l'oeil attiré. De même, à Lions-sur-Mer (Calvados, France), une imposante bâtisse m'avait frappée. Toutes deux étaient visiblement abandonnées. Par qui? Pourquoi? Leur cachet dénotait qu'elles étaient anciennes, qu'elles possédaient donc une longue histoire. Lorsque vous effectuez le trajet en train de Paris à Rouen, regardez vers la droite quand nous longeons la Seine, non loin de Vernon. Au loin, dissimulé presque parmi les arbres, un château blanc est présent... Quel est son nom? De quelle époque date-t-il? Est-il toujours habité? Je l'ignore, mais sa présence a suscité en moi de nombreuses questions et a titillé mon imagination!
De ces châteaux, j'en aime l'architecture (j'ai une grande admiration pour ceux qui ont conçu et, surtout, bâti ces sites) qui représente l'extérieur, mais également leurs entrailles. En leurs murs, se sont affrontées des familles, des gens. Des enfants sont nés, y ont grandi. Des âmes ont quitté les lieux. Les histoires personnelles ont été liées à l'Histoire de France. Si certains témoignages ont franchi les siècles, combien de traces perdues???
Il m'intéressait que le Domaine offre ses deux personnalités. D'un côté, il était un ancien château fort avec ses souterrains, ses batailles évoquées en demie teinte, les fantômes de chevaliers. De l'autre, il préservait une douceur avec son jardin dessiné, ses pièces avec son confort quasi moderne pour son temps.
Enfin, le château d'Aubégnac (La Recherche) était en ruine. Le Domaine allait revivre, le temps du séjour d'Alex!
Je lui ai transmis mon goût pour les maisons abandonnées, ma curiosité, d'où les innombrables questions qu'elle se pose.
d) Mes lecteurs découvrent toujours les intrigues à travers les yeux d'une jeune femme. Après Jocelyne, Marion et Lauren, le tour d'Alex était venu!
e) Au tout début, j'avais en tête cette idée: des gens étaient retenus contre leur gré dans une maison. Qui, pourquoi? Comment cette idée m'est-elle venue? Elle a surgi, certainement à la lecture d'un article ou à la vue d'un reportage. Mon attirance de toujours pour les fantômes m'a décidée pour apporter ce changement. De personnes prisonnières, mes personnages devenaient des fantômes, bloqués dans un espace temps.
f) La Révolution?
J'ai expliqué mes choix sur la page Légendes-Personnages! :)
g) La Normandie?
J'ai expliqué mes choix sur la page Légendes-Lieux! :)
en ajoutant ces deux points: ma passion pour le Canada avait entraîné Marion jusqu'à Vancouver. Partant d'un petit village bien tranquille, Lauren se rendait ensuite dans plusieurs pays afin de mener son enquête...
A partir de ces différents éléments, Légendes est né progressivement. J'ai travaillé:
-
sur l'intrigue principale: la rencontre d'Alex avec ces trois fantômes... d'un autre temps.
- sur l'intrigue A: la volonté de mes fantômes de sortir de cet espace-temps.
- sur l'intrigue B: les relations entre mes fantômes, basées sur des non-dits, des jalousies, des histoires différentes, des buts antagoniques.
- sur l'intrigue C: le trésor enfoui et les souterrains.
- sur l'intrigue D qui n'en est pas moins la plus importante: d'une part, la relation très complexe et ambigue
entre Alex et Rodolphe et, d'autre part, le lien familial qui les unit.
- sur les données: le choix de notre destinée, nos actions, nos refus, les conséquences engendrées. La perte de temps à se poser parfois trop de questions: il vaut mieux agir.
- sur des questions essentielles:
à la toute fin du livre, je laisse à Alex d'importants remords. Pendant la moitié de son aventure, elle a jugé Rodolphe à tort, sur la seule base de conclusions hâtives, non vérifiées. Il ne lui reste ensuite guère de temps en sa compagnie. Et, enfin, quand elle comprend leur lien filial, il est trop tard. Rodolphe n'est plus là.
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