PIÈGES

LES LIEUX


Découvrez ici 2 courts métrages: Pièges!
Voici plusieurs liens:
Le film le plus complet de deux minutes quarante (taille: 21.3 Mo)
Une autre version d'une minute vingt (taille: 3.4 Mo)


VANCOUVER
Pour Pièges, la mission de Marion devait obligatoirement s’effectuer dans une grande ville: là où les gens se croisent sans se connaître, où chacun peut se confondre dans la foule de manière anonyme...
J’ai commencé Pièges en 1996. Passionnée par le Canada, j’avais envie que, après La Recherche, ce pays soit impliqué encore dans mon nouveau roman... En 1994, j’avais découvert une ville canadienne, grande et... magnifique, réputée pour l’une des plus belles cités au monde: Vancouver, située en Colombie Britannique, c’est-à-dire, dans l’extrême ouest du Canada, au bord de l’océan Pacifique.
En 1995, puis en 1996, j’y suis retournée et je l’ai encore davantage aimée. Ces autres voyages m’ont aussi permis d’approfondir mes connaissances et de vérifier certains points.
Lorsque l’avion arrive à Vancouver, le panorama est splendide; après les Rocheuses, la ville se découvre aux yeux de chacun. Et j’ai voulu retranscrire cette image dans les premières lignes de mon livre. Je voulais partager avec mes lecteurs cette émotion que j’avais moi-même ressentie alors.
Ecrire Pièges a été dès lors une fabuleuse promenade, un retour aux sources… Et puis, cela me permettait de faire découvrir Vancouver à d’autres personnes... Un autre bonheur...
Avant son départ pour le Canada, Marion, mon héroïne, a étudié des livres pour mieux appréhender la ville. Car elle n’est jamais venue jusqu’à Vancouver. Ainsi, le lecteur découvre, en sa compagnie et à travers ses yeux, les différents monuments, les quartiers, les rues: Georgia Street, Granville Street, Canada Place, le Stanley Park, North Vancouver...
Lorsque Marion fait la connaissance de Mei Shunfu, son indicateur, je voulais que leur rendez-vous ait lieu dans un endroit qui ne soit pas quelconque. Le dialogue entre les deux est d’une grande importance: ils se rencontrent pour la première fois et ces quelques minutes doivent leur suffire pour apprendre à se donner une confiance mutuelle, capitale pour la réussite de la mission. Par opposition, je les ai amenés dans un quartier d’un autre temps, touristique et paisible à la fois: Gastown, à la rue principale pavée, aux anciens lampadaires. Le cadre offre une sérénité que ni Marion, ni Mei Shunfu ne ressentent à ce moment-là... Une opposition que je vais utiliser à maintes reprises au cours de l’intrigue...
A Vancouver, j’ai utilisé à deux reprises deux lieux. Et ces deux fois s’opposent encore tout à fait: le Stanley Park et Gastown dans leur exploitation.
Pour le premier, c’est dans ce parc que Marion fait vraiment la connaissance de Philip O’Malley et découvre qu’il fait partie des trafiquants. A ce moment-là, ils sont donc des ennemis implacables, ayant des buts évidemment différents, jouant au chat et à la souris... Quelques chapitres plus loin (chapitre 8), tous deux se retrouvent au Stanley Park. Mais, à présent, ils luttent de front contre un même ennemi et ils ont une confiance indiscutable l’un dans l’autre== le jour et la nuit entre le passage 1 et le 2... dans le même site.
Pour le second, Marion est à Gastown lorsque la raison de sa venue à Vancouver est clairement expliquée. La jeune femme discute là, avec Mei Shunfu, son indicateur, qui deviendra aussi son ange gardien puisqu’il la met en garde plusieurs fois contre des tiers. En fait, c’est la seule personne qui ait toujours dit à Marion toute la vérité. Il ne lui rapporte que des faits dont il soit convaincu de l’authenticité. Autre effet boomerang, c’est à Gastown que Marion et Philip vont après l’attaque du samedi soir, quand ils trouvent refuge chez Norman Grant... Un homme envers qui la jeune femme doit garder toute méfiance, un homme qu’elle doit tromper sur toute la ligne et qui, lui, de son côté, essaiera bien sûr de l’apprivoiser... Ce qui me fait pense à nouveau au jeu du... chat et de la souris... Mais le «chat» n’est plus le même.
Pour la météorologie, j’ai repris également certains souvenirs. Vancouver est une ville où le soleil brille, même en octobre... heureusement d’ailleurs. Cependant, parce qu’elle est située précisément au bord du Pacifique, la pluie y est fréquente. Alors, plusieurs fois, j’ai signalé des averses au cours de l’histoire: elles rendaient une atmosphère encore plus morose. Mais, paradoxalement, une fois encore, le dernier dimanche, le jour J du piège savamment élaboré, c’est un soleil haut et fort qui est présent. Sous un ciel bleu, l’humeur de chaque protagoniste est meilleure, d’autant plus qu’il pense ses désirs être bientôt réalisés.
Une dernière précision pour Vancouver: l'hôtel Barclay sur Robson Street existe vraiment. C'est même ma propre chambre que j'ai décrite: la 438...


PRINCE RUPERT
Le lieu principal de mon histoire trouvé, mon travail ne s’arrêtait pas là. Il y avait encore de nombreux sites où un nom devait apparaître.
Comme je faisais allusion à la ville où Philip était né, je devais la dénicher, mais laquelle prendre? En plus, il était logique qu’elle se situe dans le Canada anglophone puisque Philip parle d’abord anglais. Le nombre de provinces et territoires anglophones étant supérieur aux francophones, mon problème n’était pas résolu. Puis, il est logique de prendre aussi des communes qui soient moins connues. Pour une raison évidente: tout le monde ne naît pas ou n’habite pas dans les grandes métropoles d’un pays.
Déjà, à ce moment, je connaissais bien les traits de caractère de Philip. Je me disais qu’il fallait que la ville où il avait vécu ne soit pas étendu. Il aime la nature, la tranquillité, le silence. L’endroit où il avait grandi devait l’avoir influencé dans sa personnalité. J’ai puisé alors dans mes souvenirs de vacances, répertoriant un à un les bourgs où j’étais allée.
Un nom m’est vite venu à l’esprit. Moins connue que Victoria ou Calgary, Prince Rupert est située à l’embouchure du fleuve Skeena, entourée de forêts, dans cette région plus isolée du nord-ouest de la Colombie Britannique. En 1995, j’avais emprunté en ferry le Passage Intérieur depuis Port Hardy, sur l’île de Vancouver, à Prince Rupert. Et celle-ci me semblait donc idéal. J’imaginais très bien Philip y puiser sa force, son envie de solitude, sa passion pour la nature alors qu’il était né et qu’il avait grandi dans cette ville. Sur la carte routière, Prince George me paraissait, quant à elle, très bien appropriée pour y jouer le rôle du lieu de naissance par substitution...


VALEMOUNT / JASPER
Le choix de Valemount? Il est très simple... Une année, j’ai eu la chance d’emprunter le Canadian, le train canadien qui relie Vancouver à Toronto... Juste environ 4 467 Km environ, soit 3 jours de train et des paysages fabuleux... Peu avant Jasper, le Canadian passe à Valemount. Les montagnes, les forêts... Pourquoi un barrage ne serait-il pas construit à proximité?
Jasper n’est pas très loin. Philip pouvait donc s’y rendre assez aisément quand il veut rencontrer son frère pour avoir le cœur net sur des activités douteuses. En fait, la situation est plutôt ironique: John-Philip O’Malley a établi son quartier général (son laboratoire) ici dans un cadre naturel tout à fait idyllique. Il existe une certaine opposition: la drogue d’un côté alors que l’environnement y est sublime et que l’homme y a peu d’emprise. La nature offre des cadeaux, de quoi se nourrir, s’abriter, des paysages de toute quiétude; l’homme pourvoit en produits qui empoisonne et détruit la vie. Une nouvelle opposition...


SAN FRANCISCO
Le choix de cette ville est un peu particulier. Comme je l’ai mentionné au début, j’ai commencé Pièges en 1996. Cette même année, pour mes vacances, j’avais décidé de revenir au Canada. Cela vous étonne?... Peu avant d’élaborer mon itinéraire, j’avais eu connaissance de promotions intéressantes vers un pays qui m’a toujours ensorcelé: les Etats-Unis. J’avais donc construit mon itinéraire sur deux villes américaines (dont l’une me fascinait depuis longtemps) avant de remonter vers Vancouver: San Francisco puis Seattle.
Je partais en octobre et je n’avais rédigé juste là que les premiers chapitres de Pièges.
J’ai toujours travaillé avec un plan pour mes romans: beaucoup d’idées, de détails y figuraient encore pour ce livre. Il me manquait alors quelques éléments mais je savais qu’ils allaient finir par se montrer. J’ai souvent imaginé que l’histoire d’un roman était telle un puzzle. Les pièces s’enchaînent progressivement, comme par une sorte de logique implacable. Ce qui était complètement nébuleux au départ devient d’une évidence absolue plus tard... Cette conception vous paraît étrange? Mais on ne peut pas l’expliquer. Ou plutôt, je pense que seuls les romanciers peuvent la comprendre pleinement parce qu’ils l’ont vécu. Et encore, tout dépend de leur manière de travailler... Ceci dit, c’est ce qui m’est arrivé pour certains de mes livres, et notamment pour Pièges.
Au cours de ces vacances-ci, j’ai donc poursuivi la rédaction de mon roman. Marion devait voir un échantillon de cocaïne avant de conclure définitivement son achat. Rien ne m’obligeait à ce que ce rendez-vous s’opère à Vancouver. Au contraire, il était judicieux de penser que Greeman avait des contacts, ailleurs que dans la ville, ceci pour mieux se protéger. Donc, je devais trouver un lieu géographique... Je venais de découvrir San Francisco... Alors, pourquoi pas cette ville? Elle est loin de Vancouver tout en étant à une distance raisonnable, et cela pimentait le voyage de Marion à souhait: changement de programme, mégalopole nouvelle, gens nouveaux, Bridget qui l’accompagnerait et qui représenterait donc un danger continu. Quant à Philip, ce déplacement ne serait pas sans crainte pour lui également vu ses fonctions.
Comme pour Gastown, le Fisherman’s Wharf est touristique; la foule y est nombreuse. Une boutique de souvenirs me paraissait l’idéal pour servir de repaire et de lieu de rencontre. Les visiteurs y viennent en continu; personne ne trouverait donc anormal des allées et venues conséquentes.
Le bonheur infini que j’avais ressenti en décrivant Vancouver est revenu dès lors où j’ai commencé à peindre San Francisco. Cette ville est magique. En s’y promenant à pied, les sensations sont décuplées car on découvre beaucoup plus les quartiers, avec une autre profondeur.
Bien sûr, j’ai moi-même emprunté le Cable Car: un séjour à San Francisco ne se conçoit pas sans une promenade à bord de ce véhicule. Et la longue balade de Marion sur le Golden Gate Bridge était mon propre itinéraire un après-midi. C’est vrai que le paysage semble être une véritable carte postale. Une sérénité que mon héroïne est très loin de ressentir pourtant en son for intérieur...


SEATTLE
Il me fallait une ville qui soit située non loin de Vancouver en raison de la traversée en yacht par Philip et Grant. Mon voyage en Amérique du Nord en 1996 a décidé une fois de plus pour moi, je serais tentée de dire... Après San Francisco, pourquoi ne pas prendre Seattle tout simplement? Une sorte d’hommage à ma façon, même si aucune description n’était nécessaire. Juste un nouveau plaisir...


TERRE NEUVE / SAINT PIERRE ET MIQUELON
Tout simplement parce que c’est la plus proche région maritime du Canada de la France. Donc la distance est moindre pour un voyage dangereux.


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