PRISONNIERS DE LENFER VERT

 

Chapitre 1

 

Août 1998
Lima, PEROU

 

                   « Les passagers du vol UA 433 à destination de New York, sont invités à se rendre à la porte 20; dernier appel pour le vol BA 2217, vers Londres, porte 5… »
Les messages se suivaient dans les haut-parleurs du hall de l’aéroport de Jorge Chavez. Dans la salle d’attente, Jocelyne jeta un nouveau regard sur l’écran: l’heure d’embarquement approchait. Bientôt, elle allait quitter Lima et le Pérou pour rejoindre la France. Profitant d’une opportunité pour découvrir ce pays d’Amérique Latine, elle avait découvert autant que possible la capitale péruvienne et s’était permise plusieurs excursions pour connaître les environs. Une fois encore, elle observa les différents passagers. Il s’agissait surtout d’hommes d’affaires, de quelques voyageurs individuels, mais aucun groupe de touristes n’était présent. En tout cas, le Boeing serait loin d’être complet. Une hôtesse s’installa derrière le bureau. Jocelyne rassembla ses effets et rejoignit le comptoir. Aussitôt, des personnes l’imitèrent. Après une tentative infructueuse, ils furent priés d’embarquer. Son numéro de siège figurant parmi la première série, la jeune femme emprunta rapidement le couloir vers l’avion. Dépassant un couple chargé de sacs, elle franchit en tête la passerelle. Une deuxième hôtesse lui souhaita la bienvenue. Jocelyne déboucha sur l’allée centrale. Elle vit alors, deux hommes, assis côte à côte. Tout en avançant, elle fronça inconsciemment les sourcils. Elle était persuadée de ne les avoir vus, ni dans la salle d’embarquement, ni dans le hall de l’aérogare. Comme si cela pouvait faciliter la réponse à sa question sur leur présence, elle constata que son propre siège se trouvait de l’autre côté de leur rangée. Mais, évitant de porter son regard sur eux, elle s’installa, d’autant plus que des passagers arrivaient derrière elle, à sa suite.
                                      L’appareil venait de décoller. Déjà, certains hommes d’affaires ouvraient leur mallette pour travailler sur des dossiers. Des voyageurs commencèrent à lier connaissance avec leurs voisins. Le Commandant de bord prit la parole pour informer, chacun, des paramètres de vol. Quand il se tut, les conversations et les lectures reprirent. Jocelyne laissa, sur ses genoux, la brochure qu’elle avait déposée lors de l’intervention précédente. Elle n’éprouvait plus l’envie de lire et préférait examiner les passagers. Son intérêt se porta vite sur ses étranges voisins, séparés d’elle par cette simple allée. Elle jugea le premier, le plus proche, comme étant Péruvien, d’après son physique. Il compulsait une revue, tout en jetant de fréquents regards à son compagnon. La jeune femme se pencha discrètement davantage. Agé d’une trentaine d’années, les cheveux châtain clairs et la peau blanche, l’autre homme semblait plutôt être Européen ou Nord-Américain. Il regardait, à travers le hublot, le paysage composé de nuages blancs. Il changea brusquement de position. Jocelyne aperçut des menottes reliant ses poignets. Quelques secondes lui furent nécessaires pour se remettre de sa stupéfaction. Elle comprit alors que le voisin de cet inhabituel passager était un convoyeur. Jusqu’où iraient les deux hommes? Paris? Ou continueraient-ils leur voyage vers une autre destination après la capitale française? Fixant toujours les menottes, Jocelyne sentit un regard posé sur elle. La jeune femme détourna immédiatement la tête. L’une des hôtesses passa à ce moment pour proposer une collation. Quand elle arriva à leur hauteur, Jocelyne nota que le regard de la Péruvienne s’était durci en voyant les deux hommes. Les autres passagers avaient-ils pris conscience de la présence du prisonnier à bord de l’appareil? Après réflexions, elle pencha pour la négative. L’attitude du détenu avait relativement en fait dissimulé aux voyageurs le lien métallique qui retenait ses poignets. Quel crime avait commis cet homme? Quelle était la durée de sa peine? Pourquoi avait-il été jugé au Pérou alors que son physique laissait à penser qu’il n’était pas originaire de ce pays? Etait-il extradé après ce procès qui l’avait condamné? Sans savoir pourquoi, la jeune femme préféra soudain ne plus penser à cet homme et aux interrogations qu’il lui suscitait, devinant aussi qu’elle n’aurait jamais la réponse à ses questions.
                   Jocelyne contempla dès lors le paysage de ciel bleu et de nuages, totalement différents les uns des autres. Le soleil présent rendait encore plus agréable le voyage vers le Vénézuéla. Le haut-parleur grésilla. Elle s’étonna de ce nouvel appel et, sans en connaître la raison précise, frissonna.
« - Ici le Commandant de Bord, Jaime Marquez. Je vous demande votre attention, s’il vous plaît... Nous avons de très graves problèmes à l’un de nos réacteurs. Il nous est impossible de rallier Caracas dans cette situation, ou de revenir à Lima. Nous sommes également trop éloignés d’un quelconque aéroport. Or, nous devons atterrir dans les plus brefs délais. Nous n’ignorons pas que nous survolons actuellement la jungle amazonienne mais nous n’avons pas le choix. Il existe heureusement des terrains plus dégagés, non recouverts par la forêt… Je vous demande d’obéir à nos hôtesses et de suivre leurs consignes. Je vous remercie de m’avoir écouté. »
Un silence régna. Puis une voix d’homme s’éleva, une voix très calme:
« - Faisons ce que le Commandant nous demande et gardons notre sang-froid. »
Ses dernières paroles furent cependant couvertes par le bruit de plus en plus anormal de l’un des moteurs qui se tut peu après. Immédiatement, les hôtesses passèrent dans les rangées pour tranquilliser chaque passager. Jocelyne attacha sa ceinture d’une main qui tremblait malgré sa volonté. Elle pensa à sa famille, à son père veuf, à son frère. Elle songea à leur angoisse quand ils apprendraient que le Boeing assurant la liaison Lima/Paris n’était jamais arrivé à destination mais s’était écrasé quelque part dans la jungle. Sans vraiment savoir pourquoi, elle se demanda ce que pouvait ressentir le prisonnier. Subrepticement, elle le regarda. Le visage de l’homme était impassible, comme s’il était insensible à la catastrophe qui se préparait.
                   En même temps que le bruit du deuxième réacteur devenait de plus en plus irrégulier, l’avion perdit progressivement de l’altitude. Soudain, les arbres semblèrent surgir, plus hauts que tout, complètement démesurés. Le ventre puis les ailes de l’appareil éraflèrent d’abord des branches. L’avion s’approcha encore à grande vitesse d’un plateau vierge de végétation. Le train d’atterrissage heurta brusquement le sol, projetant les passagers vers l’avant. L’appareil s’affaissa et son ventre roula désespérément sur le sol rocailleux. A présent, chaque voyageur s’en remettait à l’expérience et au sang-froid de l’équipage. Le silence presque absolu dans l’avion, en dépit de certains pleurs et cris, et le grincement infernal du métal contre la pierre, s’affrontaient encore pour quelques instants. L’appareil perdait de plus en plus de vitesse. Presque brusquement, il s’immobilisa enfin dans un dernier soubresaut.
                   Le front appuyé sur l’oreiller, Jocelyne bougea légèrement le corps. Elle devina alors qu’elle était indemne. Pourtant, elle avait besoin de temps pour maîtriser le tremblement qui s’était emparé d’elle. Le silence se brisait peu à peu; les voyageurs parvenaient à se persuader que l’atterrissage forcé avait pris fin, sans explosion, sans incendie. Jocelyne se libéra rapidement et se leva. La porte de la cabine de pilotage s’ouvrit. Un homme s’adressa aux hôtesses et aux passagers les plus proches.
« - Il faut évacuer l’appareil. Je vous serais reconnaissant d’aider les personnes qui en ont besoin. »
Exhaussant les vœux du Commandant Marquez, les voyageurs commencèrent à quitter l’avion. Un cri s’éleva à l’arrière. Un homme avait succombé à une crise cardiaque. L’annonce de l’accident puis le choc de la catastrophe l’avait terrassé. Près des issues de secours, deux hommes avaient pris la directive de l’évacuation de tous les passagers. L’une des hôtesses s’arrêta soudain près du convoyeur affaissé. Elle se pencha pour prendre son pouls mais le détenu lui fit remarquer en espagnol:
« - Esta muerto(1). »
La jeune femme le fixa mais l’homme soutint son regard. Contrariée, elle courut vers Jaime Marquez qui approchait.
« - Commandant, le Capitaine, il… il est… »
Comprenant le sous-entendu, le pilote porta son attention vers son autre passager. Jocelyne le vit regarder les menottes. Sans doute voulait-il s’assurer que l’homme était toujours attaché. Le maintenant par un bras, le Commandant lui désigna la sortie en lui murmurant quelques mots. Même si une grande partie des voyageurs avait à présent quitté l’avion, les derniers aperçurent les menottes. Des exclamations de surprise et d’indignation fusèrent. Le Commandant Marquez intervint sans tarder:
« - S’il vous plaît, que tout le monde sorte immédiatement d
’ici… Allez, s’il vous plaît. »
Tous obéirent à son ordre. Jocelyne emprunta à son tour la passerelle de secours, suivie des hôtesses, du prisonnier et du Commandant. Les passagers se tenaient à une distance respectable du Boeing pour éviter au possible les conséquences d’une explosion. Chacun attendit dans un certain silence. Et, après le premier étonnement, personne ne prêtait plus attention au détenu, resté à côté du Commandant.
                   Il était maintenant presque dix-sept heures. Quand il fut certain que rien ne se produirait, Jaime Marquez donna le signal de regagner l’avion pour ceux qui le désiraient. Les blessés les plus atteints furent aussitôt conduits à l’intérieur de la carlingue. Aidant les hôtesses, des voyageurs commencèrent à soigner leurs compagnons ou à les rassurer. Pour oublier aussi ses tourments, Jocelyne se proposa. Avec un mot gentil pour l’une, un pansement pour l’autre, elle se sentait utile. La jeune femme vit soudain le détenu. Il était assis par terre, toujours sous la surveillance étroite de Jaime Marquez. Elle savait qu’il était indemne. Cependant, par acquit de conscience, elle l’observa discrètement. Oui, elle ne s’était pas trompée. Tout à l’heure, alors qu’ils étaient encore dans l’avion, elle avait noté un léger filet de sang sur sa tempe droite. Elle s’approcha de lui au moment où il levait les yeux sur elle. Remarquant la trousse de secours qu’elle avait à la main, il répliqua aussitôt, en utilisant toujours l’espagnol:
« - Inutile, je n’ai rien. »
Son ton froid ne la surprit pas mais elle ne se laissa pas démonter pour autant.
« - Si… Vous vous êtes blessé au front. » dit-elle, dans la même langue.
L’homme y porta des doigts et les ramena, tachés de sang.
« - Ce n’est rien. Occupez-vous des autres passagers.
  - Certaines personnes s’en chargent. »
Sans attendre sa réponse, Jocelyne s’agenouilla. La peau avait été écorchée, peut-être à cause des menottes quand l’homme avait voulu se protéger le visage. Nettoyant la plaie peu profonde, la jeune femme saisit l’opportunité pour étudier le détenu. Ses yeux bleus étaient vifs et effaçaient un peu la froideur de ses traits réguliers. Relevant la mèche de cheveux qui lui barrait le front, il aida Jocelyne à appliquer le pansement. Un instant, leurs regards se croisèrent mais l’homme détourna très vite le sien. A peine la jeune femme eût-elle fini qu’elle fut appelée par une hôtesse. Sans une parole, elle quitta le prisonnier.
                   Plus tard, en écoutant les conversations, Jocelyne comprit que la catastrophe avait causé la mort de deux personnes, l’homme dont la crise cardiaque avait été fatale, et le Capitaine Ruiz, le convoyeur. D’après un témoin, il s’était relevé. Sa nuque avait heurté violemment le rebord de l’appui-tête. A présent, le Commandant Marquez expliquait que la radio avait souffert lors du dernier choc et était irréparable. Leur seul secours proviendrait des contrôleurs aériens de l’aéroport de Caracas qui n’obtiendraient aucune liaison avec le Boeing. Et il leur faudrait encore déterminer les lieux de l
accident...
                   Les voyageurs et les membres de l’équipage discutaient dorénavant entre eux. L’un des deux hommes qui avaient dirigé l’évacuation prit la parole en espagnol:
« - Et pourquoi un petit groupe ne partirait-il pas chercher du secours? »
La réaction des autres personnes fut unanime. Tous se tournèrent vers ce passager qui avait une idée presque démoniaque, irréelle. D’ailleurs, certains protestèrent en le traitant de fou. Jaime Marquez répliqua calmement, comme si la suggestion ne le surprenait pas tant que cela:
« - Comment envisageriez-vous une telle expédition, M. Walder?
  - Eh bien, en restant ici, nos chances sont minimes. Comme vous l’avez dit, nous n’avons aucun contact par radio. Les autorités vénézuéliennes ne s’apercevront donc de notre disparition que dans quelques heures. Certes, ils enverront des équipes de secours. Malgré tout, il leur faut repérer la carlingue… Et chacun sait où nous nous trouvons actuellement. Ils auront besoin de temps… mais combien de temps...
  - Avons-nous quitté le Pérou? » questionna Jocelyne.
  - Nous sommes au nord-est de la Colombie. » répondit le Commandant Marquez.
  - Donc, en marchant vers le nord, vers la frontière, nous aurions des possibilités de rencontrer un site civilisé?
  - En effet. »
Les autres voyageurs dévisagèrent le dénommé Walder. Quelques-uns continuèrent à critiquer tout bas son idée. Un homme blond intervint en espagnol avec un fort accent:
« - L’idée est bonne. Je suis relativement d’accord avec Monsieur. Les secours tarderont vu leur manque d
informations.
  - Et combien de personnes pourraient partir avec vous? »
Jocelyne pressentit que le Commandant Marquez n’était pas loin de donner l’autorisation si nécessaire.
« - Je pense qu’un groupe composé de quatre à cinq personnes serait raisonnable. » répondit Walder.
  - Très bien... Je vous donne ma bénédiction parce que cette expédition représente en effet une chance indubitable que nous ne pouvons pas refuser… Quand aimeriez-vous partir?
  - Ce soir… Dès que nous aurons préparé le nécessaire.
  - Merci Commandant. » déclara l’homme blond en échangeant un regard avec son futur compagnon de voyage.
Jaime Marquez se tourna vers les autres passagers.
« - Qui souhaiterait partir?… Malgré les risques indiscutables…
  - Moi! Je suis d’accord… » dit un homme qui portait un appareil photographique autour du cou.
  - Pour ma part, j’aurais aimé partir mais avec mon bras… » soupira un individu.
Une femme d’une cinquantaine d’années choisit de partir, tout comme un homme parlant en anglais. Un couple préféra rester. Sur la dizaine de personnes que Jaime Marquez interrogea ensuite, aucune ne décida de se risquer dans cette aventure incertaine, comme l’avait nommée un Asiatique. Tout en écoutant ses compagnons, Jocelyne réfléchissait. Après une dernière hésitation et une pensée vers sa famille, elle prit sa décision. Quand son tour vint, elle exprima à voix haute sa volonté de faire partie du groupe. A part une autre jeune femme, il n’y eut ensuite que des réponses négatives. Un court silence régna. Le Commandant Marquez reprit la parole:
« - Un problème demeure... Vu notre escale à Caracas, nous n’avions pas emmené une quantité de nourriture très importante.
  - Et vous en avez également besoin. » fit remarquer l’homme blond.
  - Nous cueillerons des fruits. » souleva Walder. « La forêt n’en manque pas. » ajouta-t-il avec un léger sourire.
  - C
est exact. Mais la forêt n’est justement pas si accueillante. » intervint l’homme brun qui avait répondu en anglais. « Nous risquons d’avoir des difficultés si nous nous trompons de fruits.
  - Malheureusement, vous devrez compter sur votre intuition. Nous n’avons aucune connaissance sur cette forêt amazonienne.
  - Si… Yo(2). »
Tous s’apprêtaient à énoncer un soulagement. Pourtant, en même temps, ils retinrent d’exprimer ce qu’ils ressentaient. Debout, à côté du Commandant Marquez, le détenu venait de parler. Les poignets enchaînés, il écoutait, visiblement
depuis le début, leur conversation. Son regard balaya l’assistance. L’incrédulité se lisait sur chaque visage. Jocelyne paria immédiatement que personne ne le croyait et songeait qu’il bluffait plutôt. L’homme blond rétorqua avec froideur:
« - Comment pouvez-vous en savoir plus que nous? C
est impossible.
  - J’ai des amis à Lima. L’un d’entre eux est guide et il m’a emmené dans la jungle à quatre reprises. » répliqua le prisonnier.
Il poursuivit, toujours en espagnol, sans accent particulier qui pût révéler sa nationalité.
« - C’est pourquoi j’ai ces quelques connaissances; je pourrai vous aider.
  - Cela ne peut pas être vrai. Un détenu ne peut pas savoir autant: il ment. » riposta l’homme à l’appareil photographique.
  - Bien sûr, vous ne me croyez pas. Pourtant, cela est exact!
  - Cela suffit! » interrompit le Commandant Marquez.
S’adressant aux autres passagers, il répliqua:
« - Le Capitaine Ruiz m’avait dit qu’il était déjà venu au Pérou avant son arrestation… Je sais aussi qu’il est possible de faire des excursions jusqu’aux abords de la jungle… Il peut dire la vérité en effet… Je l’espère pour vous. »
Il s’était tourné vers le prisonnier. D’une voix dure, Jaime Marquez mentionna:
« - Car vous n’ignorez pas ce qui se passera si vous nous avez menti, si un accident se produit ou si vous tentez de vous enfuir. Les autorités seront averties immédiatement... De plus, je vais prendre quelques précautions...
  - Je ne m’échapperai pas. » affirma le détenu en soutenant le regard puissant du Péruvien.
Toutefois, à voix basse, Jaime Marquez s'empressa de lui apporter des précisions à ses intentions. L’homme à l’appareil photographique esquissa une moue significative. Il interrogea:
« - Commandant, vous croyez vraiment sa présence indispensable?
  - Il est nécessaire que vous ayez avec vous toutes les chances possibles… M. Walder saura quoi faire en cas de problème… »
Sur ce propos, Jaime Marquez s’entretint directement avec cet homme qu’il connaissait et avec l’homme blond. Pendant leur discussion, les membres de l’expédition commencèrent à préparer leurs affaires, n’emportant que ce qu’il leur fallait.
                                      Quand ils eurent fini, le Commandant Marquez s’approcha du prisonnier et, devant ses compagnons, lui remit une machette.
« - Vous en servirez pour couper les branches gênantes… Mais… mais n’oubliez surtout pas ce que je vous ai dit… »
Le détenu acquiesça d’un simple signe de tête, tout en observant le dénommé Walder qui le fixait. L’instant d’après, l’homme qui parlait anglais donna le signal de départ.
Avec angoisse, émotion et espoir, tous ceux qui avaient décidé de rester près de la carlingue observèrent alors le petit groupe s’enfoncer dans la forêt.
 

(1) « Esta muerto » = « Il est mort. »
(2) « Si… Yo » = « Oui… moi. »

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