|
Combien de temps s’était écoulé? Alex ramena une main à
son visage. En gémissant, elle massa sa tempe droite. Elle souleva les paupières pour les baisser instantanément,
éblouie par le soleil qui brillait de nouveau… Oh! Un répit avant la
tempête?… La jeune femme tenta de s’autodiagnostiquer.
Etrange, le choc avait été rude et elle ne ressentait aucune douleur violente. Elle en fut soulagée. Ailleurs, qu’en était-il? Aussitôt, elle utilisa ses sens. Elle n’entendait pas de crépitement, ne humait pas de fumée. Rien ne se consumait
donc. Alex grimaça. Son odorat la trompait maintenant. Il lui
semblait tant sentir divers parfums: des
roses, des odeurs qu’elle ne reconnaissait pas, mais venant de
fleurs indubitablement... Elle divaguait... Elle ouvrit les yeux
et s’assit sans toutefois oser regarder autour d’elle. Enfin, elle s’y décida.
« - Ce n’est pas vrai, tu rêves… Calme-toi, ma
grande… »
La jeune femme cilla.
« - Tu... rêves… C’est l’émotion: c’est tout… Tu rêves… »
se répéta-t-elle encore une fois pour en être convaincue.
Non, les arômes persistaient… Il lui fallut plusieurs secondes pour réaliser
qu’elle ne fantasmait pas. Le jardin embaumait de multiples
senteurs. Et ce n’était pas étonnant puisque les fleurs étaient
épanouies, les arbustes soignés. Le bassin près duquel elle
se trouvait contenait une eau pure. Les nénuphars étaient verts.
La tonnelle…
Elle resplendissait...
« - Non... Non… »
Néanmoins, tout paraissait réel. Aucune végétation folle ne
jaillissait: l’herbe était entretenue. Les allées
étaient propres. S’aidant d’un
arbrisseau taillé, la jeune femme se leva. Elle obtint ainsi une
vue circulaire sur le parc... Il était magnifique… tel
qu’il était un peu plus de deux siècles auparavant... Incrédule,. Alex porta les mains
à ses joues... Que s’était-il passé?... Par curiosité,
elle consulta sa montre. Elle était restée évanouie une
vingtaine de minutes... Cela était aberrant, oui… C’était… invraisemblable… Un mauvais
rêve… Ou était-ce le paradis?
« - C’est ça… et un ange va survenir… » se
moqua d’elle-même la jeune femme pour tenter d’éloigner
ses frayeurs.
Et Joey? Ses prunelles se posèrent sur la fenêtre de la
bibliothèque. Les volets étaient clos. Des volets d’un blanc flamboyant, comme elle put le remarquer en s’approchant. Ils
étaient bloqués de l’intérieur. Poussant un juron, elle se
retourna. Tous les panneaux de bois étaient fermés, que ce fût
de la cuisine, du vaste salon: les habitants avaient voulu se
protéger du soleil en cette belle matinée…
Alex réévalua le périmètre. Tout en ayant ce sentiment
grotesque de devenir totalement folle, elle comprit
qu’elle se trouvait bien dans le jardin, dans son jardin, dans
le jardin du Domaine. Elle lâcha un soupir, mêlé d’une
exclamation d’incompréhension. Elle leva les yeux. Et son
constat fut le même: la demeure était parfaitement intacte…
comme si rien ne s’était déroulé cette fameuse nuit…
« - Oh! Mon Dieu!… Si je pouvais comprendre… C’est
fou... Non, tu rêves. Ce n’est pas vrai… »
L’idée extravagante qui avait surgi dans son esprit n’était,
ne pouvait pas être l’explication.
« - Un voyage dans le temps… Tu délires, Alex… Tu…
délires… » reprit-elle, en martelant sa phrase.
Ses yeux revinrent sur la fontaine, sur
l’ensemble du parc, sur l’allée où elle était, sur les arbustes. Elle
vint près des roses. Elle palpa leurs pétales veloutés. Ce n’était pas un rêve. Son
inconscient ne lui jouait pas des tours. Alex était bien là,
vivante, dans ce beau jardin,
parmi
cette verdure.
Elle s’agenouilla près du
bassin. Elle voulut en toucher l’eau pour retenir finalement
son geste. Du gravier venait de crisser. Ses muscles se
tendirent. S’obligeant à s’apaiser, elle se redressa. Elle était seule, complètement seule, se
murmura-t-elle. Elle se retourna. L’allée
était déserte.
« - Bon, tu vois… Le délire continue… »
En même temps, elle observa les feuilles d’un arbre
proche. Elles étaient immobiles. Il n’y avait
aucun souffle de brise. Cette analyse la fit frissonner. Sa
peur augmenta en réalisant qu’elle n’avait pas d’arme à
sa portée. Les branches étaient trop hautes pour être détachées.
Quant à ces buissons, ils étaient maigres. Alex
tressaillit.
Elle avait entendu de nouveau ce bruit: ce gravier qui
crissait, comme sous les pas de quelqu’un… Non, elle était
SEULE! Le grincement recommença. Elle pivota sur ses talons. Cette fois, avec certitude,
Alex en détermina l’emplacement. A dix mètres sur sa droite,
non loin de la tonnelle. Elle avança d’un pas, résolue à en avoir le cœur net et à lutter contre sa
crainte.
Plouf!
Quelque chose était tombé dans le bassin derrière elle. Mais elle ne vit
rien, excepté de rares gravillons. Alors elle tourna la tête vers
l’endroit qu’elle visait auparavant. Près de la
statue d’un violoniste, deux
allées se rejoignaient. Et là, Alex crut qu’elle allait s’évanouir. A sa droite, près d’une haie, elle avait eu le temps
d’apercevoir une demi-jambe: une jambe humaine assurément, avec un pantalon arrivant au mollet. Pétrifiée, la
jeune femme continua de scruter la verdure. Rien ne bougeait.
Hormis la fuite, elle comprit qu’une seule autre solution
s’offrait à elle. Sans chercher à savoir d’où
lui venait cet excès de courage ou d’inconscience, elle
courut vers la haie. Tant pis pour l’absence d’arme!
Elle était décidée à affronter… à affronter qui?… Il n’y avait personne.
Pas une ombre, rien, et encore moins un homme ou
une femme dissimulés là… Non, rien… Excepté la statue qui
semblait vouloir la narguer… Alex sentit ses genoux, son corps
trembler... Elle ne comprenait plus rien. Cependant, à
ce moment bien précis, une peur réelle l’envahissait. Elle
se trouvait confrontée à des événements insolites… Le
paranormal? Elle y croyait davantage dans les livres, dans
les feuilletons… mais là… face à elle, cela en était
trop, beaucoup trop. La jeune femme voulut parler à voix haute: aucun son ne sortit. Elle eut froid malgré le soleil. Elle
s’obligea à lever la tête et à étudier les environs: elle était seule.
Non, elle était persuadée du
contraire… parce qu’elle désirait s’en persuader? Non,
non, elle était convaincue d’une autre présence dans ces lieux... Et
elle n’avait pas rêvé pour cette jambe!...
Elle avait cette sensation bizarre de sentir un regard posé
sur elle, qu’on la détaillait… à un point… qu’elle en
frémit… Brutalement, elle était mal à l’aise. Le plaisir de la découverte
de ce parc enchanteur était bien loin.
« - Ayez le courage de vous montrer… Lâche! » lança-t-elle,
par bravade.
L’instant d’après, elle se maudit. Voilà qu’elle
appelait ses ennemis à se dévoiler et à risquer l’affrontement!
Alex crut voir une ombre près d’un chêne. Ce
n’était qu’un nuage qui avait masqué une seconde le soleil.
Rien, nul être humain n’apparut. Le mystère était le même.
Son sentiment d’insécurité
grandit. Elle comprit que s’attarder
là était dément, si périlleux. Il était
évident qu’elle n’était pas seule. Et cet être, quel
qu’il fût, n’avait certainement pas les meilleures
intentions du monde à son égard. Isolée dans ce château,
elle ne pouvait s’attendre à une aide quelconque.
Or, Alex tenait absolument à savoir ce qui se passait.
Elle pensa à un objet dans la chambre de son grand-père,
un petit objet qui lui servirait le lendemain… quand elle
reviendrait.
« - D’accord, je m’en vais. Mais je te réserve
une surprise… Tu ne m’auras pas comme ça. »
marmonna-t-elle, en songeant à l’intrus.
Il lui fallait récupérer son Joey. Où était-il?
Elle devait retourner dans la cour où elle pourrait trouver une
solution pour entrer dans le manoir. Ensuite, partir... Après sa rencontre avec les inconnus de
la cabane, sa matinée avait été suffisamment mouvementée. Elle remonta l’allée vers la petite porte. Elle
se força à ne pas courir. Se montrer calme pour décontenancer
l’ennemi. Bien que ses sens fussent en éveil, elle ne saisissait
rien. Aucun pas prêt à la surprendre derrière elle et rien devant
elle. Elle avait encore vingt mètres à parcourir, plus
que quinze… Là, était-ce son imagination? Elle avait perçu un
crissement. Alex tourna la tête vers sa gauche. Non personne…
Avec soulagement, elle vit l’issue se rapprocher. Dès qu’elle en aurait franchi le seuil, elle
appellerait Joey en espérant qu’il viendrait tout de suite…
Huit, six
mètres... Son
salut approchait… Vite… Quatre mètres, trois…
« - Non! »
C’était un cri d’alerte, très bref, et... qui lui était destiné! Presque
simultanément, Alex entendit un bruit. Elle leva les yeux... A
temps pour voir une jardinière tomber d’un étage…
juste sur elle… La jeune femme n’eut pas la possibilité de
réfléchir plus longtemps. Quelqu’un l’empoigna par le bras et
la projeta sur le sol. Les graviers
lui entrèrent dans le corps, surtout sur ses jambes nues.
Oh! Qu’était-ce en comparaison de cet objet en terre cuite qui
gisait en mille morceaux près d’elle! Délogées du
bac, les fleurs offraient à présent une beauté pitoyable…
Alex jeta aussitôt un regard sur… Comment
le définir?... Son sauveteur se relevait, le dos tourné. A priori, c’était un homme. Sa
tenue était curieuse... Mais, le soleil était face à la jeune femme, l’éblouissant sournoisement. Toujours à terre, choquée, Alex
sentit qu’elle allait perdre connaissance. Ses paupières se fermèrent malgré elle.
Indiscutablement, sa journée n’était pas
des plus calmes. N’éprouvant aucune difficulté, l’inconnu la souleva
et effectua quelques pas. Se tenant à ses vêtements, elle tenta de
rouvrir les yeux et de redresser la tête pour apercevoir ses
traits. Ce dernier effort lui coûta: elle s’évanouit pour de bon…
Pour connaître la suite des aventures d’Alex,
commandez
« LEGENDES » dès maintenant :
- via votre
libraire, que vous habitiez en France ou non.
- sur le site d’Amazon.fr qui a référencé mes romans
ou sur celui de
Priceminister
- sur le site de l’éditeur
Les Editions de l'Aventure
- ou achetez-le lors de salons ou événements littéraires auxquels je suis invitée dans
diverses régions françaises.
Pour en savoir davantage, rendez-vous :
* sur la page « F.A.Q.
»,
rubrique B
* sur le
site de la maison d’édition qui vous
communiquera des informations sur les points de vente pour la
France et tous les autres pays.
Chapitre
1 | Chapitre 2 | Chapitre
3
|